
Yancouba Diebate (21 07 2006) olympic café extrait 2mn30 |
5 juillet 2006 - FRANCE PORTUGAL
L'orchestre sénégalais du griot koriste et chanteur Yancouba nous fait voyager au son revisité de la musique traditionnelle mandingue.
Yancouba DIEBATE : Kora & chant
Libass : Claviers
Mbaye KANE : Djembé Sabar
Benjamin SANZ : Batterie
Mansa TRAORE : Basse
Invité : Medhi CHAHIB au saxophone ténor
& la surprise des danseurs, Hamidou Barry puis Jacques Zambo
Yancouba est né en 1970 à Sédhiou, ancienne capitale de la Casamance. Profondément imprégné de culture traditionnelle il se passionne très tôt pour la Kora « l’instrument roi » de l’Empire Mandingue.
Contemporains de Lalo Kéba Dramé et de Soundioulou Cissoko, son père Babou Diébaté et sa mère Iya Sakiliba, sont de véritables virtuoses dans l’art traditionnel des « gens de la parole » célébrant l’histoire de leur peuple.
En 1988, au cours du festival de la « Jeunesse et de la Culture » à Dakar, l’Ensemble Instrumental de Kolda remporte le Premier Prix et Cheikh Yancouba est consacré « Meilleur Chanteur Compositeur » grâce à son magnifique chant pour la jeunesse : Fondinké.
Après ce succès, de retour en Casamance, il tourne avec son grand frère Boucar Diébaté dans tout le pays.
Griots reconnus, ils animent les fêtes lors des récoltes, des baptêmes et autres réjouissances populaires qui rythment la vie des Casaçais. Musiciens accomplis, ils incorporent à leur répertoire divers types de musiques d’Afrique de l’Ouest.
Yancouba participe aussi à de nombreuses émissions de radio, comme la « Nuit des griots » et la « Nuit des artistes Sénégalais ».
En 2002, il s’expatrie en France et tourne, compose et interprète pour France 3 la musique du film d’Agnès Bert « Sarjee Batman Venus Hottentote ».
Il participe à l’événementielle remise de prix avec la compagnie Création du Monde du célèbre danseur Georges Manboye.
En 2003, il rencontre le groupe Touki et participe avec lui au « Festival de la jeunesse » à Marseille ainsi qu’à un « Hommage à Léopold Sedar Sengor » à Nevers.
Depuis, Cheikh Yancouba tourne avec divers groupes notamment Forilalou né de sa rencontre avec l’Arlésien joueur de Balafon, Laurent Rigaud.
En 2004, Yancouba pose sa kora sur un morceaux du rapeur antillais Antilope Sa pour son album « L’Encre en guise de larmes » . Il joue également dans un registre très différent sur 2 morceaux de l’album d’Albert Magister « Magister Rock Circus ».
C'est en 2005 qu'il décide de préparer son propre album, avec des musiciens africains et européens. Rendez vous leur est donné vendredi 18 novembre, pour un voyage émotif et groovy...
GRIOTS
Le mot griot désigne en mandingue le djeli. Djeli, c’est le sang qui coule dans nos veines, une part de nous essentielle et omnisciente, comme les griots sont les yeux, les oreilles et la bouche de leur société.En Afrique de l’Ouest, les griots ont perpétué la tradition orale pendant 4 000 ans. Dépositaires de la mémoire du passé, transmise de génération en génération, mais aussi des événements du temps présent, les griots tel que Yancouba Diebaté ont hérité de l’histoire de l’empire du Mandé. Cet empire, à son apogée au XIIIe siècle pendant le règne de Soundiata Keita, s’étendait de l’océan Atlantique à la région de Goa.Musiciens, poètes, conteurs et historiens, hérauts et diplomates, maîtres du verbe et maîtres de cérémonie, les griots sont les gardiens de la tradition orale. Durant leur initiation, ils apprennent auprès de leur famille la généalogie de familles s’étalant sur des siècles, les faits marquants de l’histoire, qu’ils accompagnent de leur instrument (kora, balafon, n’goni etc.) et de luanges. Aujourd’hui, bien que la position sociale du griot ait diminué, ils restent des artistes à part entière. Leur présence lors des événements marquants de la vie quotidienne comme les mariages, les baptêmes ou les décès, est considérée comme nécessaire. Partie intégrante de la culture ouest-africaine contemporaine, les griots demeurent la mémoire et le miroir du peuple.
LA KORA
Cet instrument s’apparente à la harpe, et est composé de 21 cordes. Elle se place entre les jambes et les cordes sont pincées par les index et les pouces.
Les griots passent des années à s’initier à l’art de la kora, instrument traditionnel des griots mandingues. D’ailleurs, ils fabriquent pour la plupart leur propre kora (la calebasse doit être recouverte d’une peau de vache), et y attachent parfois des gri-gri.La kora de Yancouba Diebaté est plus qu’un outil de travail, c’est une confidente, une sœur, qui a plus de 80 années, comme il aime à le rappeler. Elle lui a été offerte par son père. A cette époque, Yancouba l’a prise et s’est mis à pincer ses cordes dans a cour. Un jour, le vieux le surprit et fut étonné par la maîtrise du jeune griot. Il lui confia alors le précieux instrument avec pour instruction d’en prendre soin jusqu’à son dernier souffle. Aujourd’hui, Yancouba Diebaté est considéré comme l’un des meilleurs joueurs de kora de sa génération. Il fut le premier de sa famille à électrifier l’instrument malgré la désapprobation des Anciens.
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